Une histoire d’emprise-manipulation- destruction et de pardon

Parce qu’il me semble important d’en parler. Parce qu’il y a beaucoup de personnes, de femmes qui vivent ou ont vécu cette emprise destructrice. Parce que l’isolement et le silence sont aggravants, emprisonnants. Je souhaite partager une expérience vécue, d’une relation destructrice. Si cela parle à d’autres personnes, si cela peut aider à comprendre pour soi même ou une personne de son entourage… Attention roman et témoignage très personnel…

Je n’utiliserai pas réellement, à escient, des termes comme pervers narcissique, manipulateur, personne toxique, car je ne veux pas placer d’étiquette sur un être. Je témoignerais de mon vécu, et du comportement que j’ai observé. Je n’ai pas non plus l’intention avec ce texte de juger la personne que j’ai connue. J’ai conscience que seule une profonde souffrance et déconnexion de soi, et de l’amour peut engendrer un tel comportement destructeur. Et je préfère pardonner à cet être, à son âme, pour lui souhaiter de trouver la paix, et surtout ne plus créer davantage de souffrance, en lui et autour de lui. Chacun a son chemin, et je sais que cette expérience était juste pour moi à vivre pour grandir.  Mais en apprenant dans la douleur. J’ai conscience de ne pas avoir été une victime, je prends ma propre responsabilité. J’ai été un des personnages de la relation, qui avait un sens pour moi pour mettre intérieurement en lumière des choses, mes failles… Mais mieux vaut vite apprendre, se retrouver, se choisir pour ne pas trop créer de dégâts en soi et autour de soi. Car pour avoir vécu de l’intérieur ce type de comportements et relation, j’ai pu expérimenter à quel point la démarche destructive est insidieuse, subtile, perverse, se referme sur soi et je souhaitais partager ce vécu.

J’écris ces mots pour transmuter aussi cette expérience de vie. Pour ancrer la transformation de plomb en or, et m’en libérer. J’ai mis quelques mois à finaliser ce processus en moi et me sentir prête à lâcher ce texte.

J’écris, je libère. Les énergies et les mémoires liées à cette expérience de ma vie sont mises en lumière et transformées. Je me place dans mon cœur, et je diffuse de l’amour et du pardon pour cette époque. Pour moi-même. Pour mon entourage. Pour cette personne. Ces énergies d’amour et de pardon font fondre les crispations, les peurs, les tensions en moi. Il se libère de la place pour autre chose. Pour de la beauté et de la paix. Pour une page blanche.

 

L’emprise et le piège insidieux

J’ai conscience que les mots sont peu de choses pour retransmettre l’intensité de l’expérience vécue de l’intérieur, de la souffrance jusqu’à la détresse. Une détresse m’amenant aux portes de la mort dans son extrême. Et qu’en même temps c’est difficile pour moi de retranscrire cette intensité, car maintenant c’est digéré, transcendé. Les émotions ont été transformées, transmutées. Les souvenirs ne pèsent (presque) plus en moi, ne me bouleversent plus, c’est un passé, qui est derrière et j’essaie d’en digérer de quoi grandir et installer durablement la paix dans ma vie. Et je sais qu’il était en souffrance, que s’il lit ces lignes sans avoir évolué depuis, il s’indignerait et ne se remettrait pas en question, me traitant sûrement directement de menteuse et de folle. Avec un état d’esprit voyant le complot partout, la manipulation. Je ne peux dire ce qu’il s’est passé dans sa tête et son cœur, même si j’ai mes propres ressentis, et je ne ferais pas un diagnostic de son profil psychologique en pensant détenir la vérité. Cela lui appartient, mais je pense avoir fini par avoir un aperçu clair des phénomènes en lui, internes de profondes blessures, et externes d’énergies négatives en profitant et intensifiant les comportements destructeurs. Et je ne lui souhaite que de sortir de tout cela, tout en apprenant à respecter le chemin et le rythme de chacun. Mais je ne peux m’empêcher de prier pour la paix dans le cœur et l’esprit de chacun… Alors, je veux simplement partager l’expérience telle que je l’ai vécue en moi, y compris mes ressentis sur ce qui l’animait. Je parle de moi, de ma version de l’histoire.

J’ai été très amoureuse, très vite. Et je suis une passionnée, qui vit pleinement et à fond. Je donne tout, sans filtre une fois que j’ouvre la porte. Sans protection, sans filet. Dans le contexte de ma vie sentimentale, je sortais d’une longue et sereine relation avec le papa de ma fille, et d’autres histoires plus courtes et non épanouissantes. J’avais pas mal souffert en quelques mois, affrontant des décisions et situations douloureuses, beaucoup de changements de repères, de sécurité. Je créais mon activité, me retrouvais seule à élever ma fille et à me reconstruire. J’aspirais à me poser avec une belle histoire, et vivre pleinement la vie à deux.

Les moments de partage de passions, certaines de ses qualités et son fort magnétisme ont fait un effet mirage, charme sur moi, occultant l’importance de comportements ou situations inacceptables qui sont rapidement apparues. J’ai pu vivre de l’intérieur pendant quelques mois comment voir, observer, constater des situations très dérangeantes, et les accepter pour un tas de raisons. J’ai pu ressentir l’effet de protéger une personne qui nous détruit, volontairement ou non, en conscience ou non.

J’ai rapidement observé chez lui un comportement alternant une possession et maîtrise, contrôle absolu, et un regard très sombre sur la vie, a toujours voir le mal partout. Tous les hommes ne pensent qu’à une chose, toutes les conversations sont ambigües, tout évènement est mal interprété…et la justification de tous ces mots et ses actes déplacés par une erreur que j’aurais faite, qui est déformée et rendue démesurée. Il a utilisé une erreur pour toujours entretenir ma condamnation, ma culpabilisation, et rappuyer dessus en permanence, justifier tous ses actes. Le point de départ, qui a été son élément à lui pour tout justifier. Je ne pourrais jamais le vérifier, mais je ressens que si ça n’avait pas été ce fait ci, il y aurait eu d’autres prétextes. Et j’ai accepté ce rôle de coupable, de condamnée., en sorte de liberté surveillée. Jusqu’à me rappeler que d’autres personnes ne réagissent pas ainsi, que si ma faille était une erreur, il y a des milliers de façon de réagir et agir ensuite. Et que ses réactions n’étaient pas normales, ni justifiées dans leur démesure. Et que si ce n’avait pas été cette faille là, il y aurait eu autre chose qui aurait servi d’un prétexte.

Pour être claire, parce qu’à ce point du témoignage je ne veux pas entretenir de mystères. Au début de notre relation, à une de ces questions sur mes contacts, je n’ai pas su dire tout de suite que j’échangeais encore des messages de nouvelles avec un homme que j’avais connu. Or, je suis fidèle, exclusive, une relation à la fois. C’était et c’est très clair en moi. J’ai aussi des amitiés avec des hommes, quelque soit notre passé, sans que cela soit suspect. J’étais entièrement engagée dans cet homme. Et je suis une personne aimant la vérité, capable de l’exprimer et l’assumer, même quand parfois c’est difficile. Je ne peux pas garder des choses cachées en moi. Mais là, ce soir, allez savoir pourquoi, tout mon être s’est glacé, je n’ai pas pu dire la vérité sur le moment. Une vérité pourtant pas dramatique, sans enjeux, sans risques. Ce n’était pas grand-chose à dire, il n’y avait eu aucun mal de fait, aucune trahison. Mais une force en moi, un élan de survie, un instinct m’a retenue. Une peur de sa réaction. J’ai compris au fur et à mesure, que très tôt, inconsciemment j’avais très peur de lui, de la démesure de ses réactions tant physiques que psychologiques. Ce soir là, c’est un instinct de protection qui a agit, pressentant déjà l’ampleur de certaines situations et voulant m’en préserver. Sauf que c’était bien inadapté à son comportement. Mon attitude fut immédiatement suspecte. Une enquête de tous mes réseaux sociaux et un interrogatoire fut mené activement. Je n’ai pas pu cacher longtemps cette communication, et lâcha qu’il y a eu un échange de messages. Mais le fait que je n’ai pas pu immédiatement dire une vérité fut le prétexte ensuite de toutes les suspicions, tous les interrogatoires, toutes les disputes, tout. Je comprends évidemment qu’il est blessant, inquiétant, énervant, décevant de ne pas avoir une vérité directement. Et encore aujourd’hui en écrivant je sens ou imagine, appréhende les jugements sur mon acte (quelle personne foncièrement mauvaise, indigne de confiance je suis). Finalement la blessure n’est pas encore guérie. Je me sens fortement condamnable et mauvaise pour cet acte. Je ne le ressens pas léger, alors que mon entourage s’indignait de la proportion des réactions. J’ai raconté autour de moi ce que j’avais fait, comme une condamnée baissant la tête. Ma famille et mes amies étaient au courant, et tous relativisaient et dédramatisaient, estimant que je n’avais pas trahie, fauter si lourdement, qu’on peut ne pas réussir à tout dire tout de suite, et surtout qu’on mérite le pardon. Un vrai, un sincère, pas un finalement faux et remis en question tous les jours, à l’essai. Evidemment que j’aurais préféré tout dire, dire la vérité directement, contrer cet élan de protection en moi. Assumer ma vérité, car j’aime la transparence. Evidemment que je m’en veux encore, que je ne suis pas fière de cela, et  que j’en tire une grande leçon. Evidemment que si c’était à refaire, je ferais autrement, et dirais directement les choses avec transparence et sans détours (Oui, plusieurs mois plus tard je porte encore la condamnation et la culpabilité en moi, je le sens en écrivant ses mots comme si j’étais au tribunal à mon propre jugement). Mais je prends aussi en compte, ce qu’il n’a jamais réussi à faire, l’état de fragilité dans lequel j’étais. Je sortais d’une période tourmentée, difficile, et je souhaitais plus que tout un répit, un repos, de la paix. J’ai aussi considéré que des détails sans importance n’avaient pas besoin d’être expliqués, pour se concentrer sur la relation. Et ce n’était pas non plus juste, car je n’ai pris alors en compte que ma vision à moi. J’ai jugé que c’était sans importance, qu’il n’y a pas besoin de tout expliquer, que je n’avais pas la force sur le moment de mettre toute ma vie sur le tapis, j’avais besoin de temps et de reprendre des forces pour affronter certaines discussions. Ce qui n’était pas une excuse, mais qui était la base de réactions de protections inconscientes. Je n’avais pas la force d’affronter ses réactions, mais finalement cela ne les a pas évitées. Bien au contraire.

Et c’est étonnant aussi, comme plusieurs fois, tout mon comportement me menait inconsciemment à révéler son côté obscur. Comme si une part de moi voulait me mener au conflit, à un autosabotage. Et cela je l’ai compris par la suite, j’étais divisée intérieurement et mon instinct de survie cherchait à me montrer son comportement obscur, en le provoquant. Car j’ai la responsabilité de mes actes, et lui celle des siens, et d’autres personnes auraient réagit autrement. Exprimant de la colère, de la déception, de la tristesse, ou une compréhension. Une discussion, une écoute. Ou un rejet, une coupure, une séparation. Ou une  communication, un pardon. Mais son choix, son état d’esprit était le sien.. Un faux pardon et donc son mensonge permanent vers moi alors qu’il me reprochait le mien, le plaçait lui-même dans cette tromperie envers moi, et avec contrôle, une condamnation et une culpabilisation permanentes.

 

Modifier son comportement et se brider

 

Dans une sorte de panique, je préférais supprimer toutes mes communications avec des hommes et les éviter, pour éviter des questions, des suspicions, et cela me rendait encore plus suspecte. Plus j’essayais de prouver ma bonne foi, montrer qu’il pouvait me faire confiance, que j’étais fidèle, et plus cela paraissait suspect. Et tout était excuse à rappeler cette faille du démarrage, pour culpabiliser et des conflits explosaient tous les trois jours.

Une journée pour se remettre de ses heures de conflit et de fatigue accumulée où j’étais un zombi, et deux de répit où j’étais quand même dans un stress, et ça recommençait sans cesse. Des montagnes russes. Et des heures de dispute. Des interrogatoires, où ma vie et mes pensées étaient passées au peigne fin. Contrôle de mes réseaux sociaux, de mon lien à chaque personne en communication. Contrôle de mon téléphone. Contrôle de mon ordinateur, mes historiques, mes sites, pendant des heures, dans un silence glacial, face à un mur. Questions directes répétées en boucle. Véritable interrogatoire. Revenir sur ma faille, que si je n’ai pas su dire l’entière vérité directement, je suis capable de toujours mentir, je ne suis pas une personne de confiance. Un climat de paranoïa et suspicion permanent. Aucun réel pardon, aucune réelle chance de repartir à zéro malgré un engagement à deux reprises de sa part de faire une page blanche, et usage de cette expérience pour continuer à toujours rendre me coupable, et justifier ses comportements. Tout était de ma faute. J’ai joué ce jeu des semaines, acceptant ce rôle de méchante, qui n’avait pas été capable de tout dire tout de suite. Puis j’ai senti que c’était démesuré, injuste car mon histoire personnelle, ma vulnérabilité à l’époque n’étaient pas du tout pris en compte pour relativiser mon temps pour prendre certaines décisions ou dire certaines choses, qui n’étaient pas importantes et pas trahissantes. Qui étaient simplement des communications personnelles avec des gens. Je vois le monde différemment, je sais qu’on peut communiquer avec des personnes sans ambiguités, même si on les aime beaucoup. Avec le temps et grâce aux lumières de mon entourage, j’ai pris conscience que cette excuse n’en était qu’une pour me rendre coupable et me maintenir sous emprise. Car sinon, il y en aurait eu une autre. Il fallait un support. Pour justifier ce contrôle de mes relations, communications, pensées, passé, …

Pour tenter de le rassurer, pour calmer les suspicions, j’ai ainsi supprimé certains de mes réseaux sociaux, des photos, changé de numéro, supprimé ou bloqué des contacts masculins même si injustifié, toujours tout justifié : les communications avec des hommes, amis, connaissances, clients… ; pourquoi mon téléphone est en sonnerie ou silencieux, pourquoi il est retourné ou non. Tout était suspicieux, si je lui écrivais beaucoup ou pas assez.. Lui montrer les historiques internet, donner les codes pour lire mes mails. Imaginer de réduire mon activité pro pour limiter les contacts avec les clients masculins. Donner mes codes pour consulter mes factures détaillées de mes téléphones. Avoir peur d’utiliser whatsapp pour justifier pourquoi il m’a vu en ligne si j’étais en train de communiquer avec des amies, et faire des copies d’écran pour montrer que j’écrivais à telle heure à telle amie. Toujours tout justifier. J’ai accepté de lui laisser le téléphone qu’il m’avait prêté plusieurs jours pour qu’il voit de lui-même que je n’avais pas de double vie ou triple vie, ou 10 amants qui m’écrivaient par jour. Alors que moi j’étais entièrement engagée pour lui, en parlais à mon entourage comme «l’homme de ma vie », et me projetant loin…Nous ne vivions pas dans le même monde, et je me suis rendue compte que pendant que moi j’avançais loin malgré la souffrance quotidienne, il était resté immobile dans ses idées noires.  Et au-delà des actes, des comportements, c’est l’attitude, la manière de faire qui était la plus destructrice. Une froideur, un rejet, voire un mépris ou des mots insultants, dégradants. Un mur glacial, un silence. Seulement un déluge de questions, de réflexions paranoïaques et déformantes. Pas de respect, pas d’écoute, pas de bienveillance, pas de prise de soin, pas de dialogue. A la fin, je me disais que personne dans mon entourage, amies ou amis, ne réagiraient de cette manière. Que rien, surtout pas la gravité de mon erreur, ne justifie un tel irrespect et mépris, violence. Je n’arrive pas à retranscrire avec des mots ce que j’ai vécu et observé. Les mots me paraissent tellement en décalage..

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Au fur et à mesure des semaines, un sentiment de peur permanent grandissait. C’était comme si, plus je faisais des efforts pour lui prouver ma bonne foi et la confiance qu’il pouvait avoir en moi, lui dévoilais mes sentiments très forts, plus il nourrissait de craintes sur moi, de méfiance. La lumière que je lui envoyais ne faisait qu’embraser en lui son ombre. Alors c’était une appréhension quotidienne du moment où il va poser une question sur ma journée, mon téléphone, mon attitude, mon regard sur quelqu’un qui passe à côté, mon trop de messages envoyés ou pas assez,  mon passé, des discussions, des choses que je ne lui ai pas dîtes tout de suite, et qui vont amorcer un conflit pour des heures, jusqu’au petit matin dans des lieux fermés, et qui sont épuisants nerveusement, physiquement, inaugurant plusieurs jours tendus de descente au fond du gouffre… Une dispute intense. Poser et répéter des questions en boucle. Pour entendre ce qu’il voulait entendre. Mais qui était faux. Tant que je ne le disais pas ce qu’il voulait mais qui était faux, les questions tournaient tournaient pendant des heures avec une intensité violente…. Avoir un comportement du milieu carcéral, répressif, inquisiteur. Qui m’a fait ressentir de la peur physiquement à plusieurs reprises. Des moments où je sens qu’il va perdre le contrôle. Que ce n’est plus lui-même. Qu’il est puissant, et moi vulnérable. A devoir même crier, menacer d’appeler la police, se débattre pour récupérer mon téléphone qu’il me prenait de force pour le fouiller à deux reprises.

Et avoir le cerveau retourné par ces interrogatoires, dépassée par une logique tordue imaginant toutes les manipulations possibles de ma part.  Etre sans voix pour répondre quand je suis face à des films sur les personnes (pourquoi je parle à untel, pourquoi j’ai fais cela. Imaginer que je suis capable de rédiger des messages à des amis en disant certaines belles choses sur lui en anticipant qu’il lira ces mails après, pour le manipuler…alors que je suis un lapin blanc insouciante qui n’imagine pas les choses tordues comme cela ! là, ce type de raisonnement m’a fait comprendre que tout cela était trop grand pour moi, me dépassait..). Le monde complote contre lui en permanence.

Et mon chemin jugé, vu de manière mauvaise, avec des jugements dégradants sur des personnes de mon passé ou de mon entourage, qui sont diabolisées sans raison. Simplement parce qu’il n’arrivait pas à les comprendre, ou parce que leur liberté, leur authenticité, leur ouverture d’esprit, leur joie de vivre lui faisaient peur. Qu’il ne voyait pas leur intégrité et leur ouverture, mais une perversion débridée. Les blessures n’étaient jamais prises en compte pour comprendre les êtres non plus. Et chaque lumière était pervertie, détournée, mal interprétée, déformée. Tout est obscurci, perverti, sans raisons justes. Un like d’un homme sur une photo est une invitation à la corruption. Un homme ne pouvait pas simplement apprécier sans arrières pensées une photo de pieds, de rien, c’était forcément un premier pas intéressé. Une conversation avec des personnes était analysée pour traquer mon intérêt ou ma recherche d’attention, ma séduction. Alors que moi j’étais seulement en partage d’être à être, heureuse de l’instant et d’être avec lui, nullement tournée vers un intérêt. Mon insouciance, mon ouverture d’esprit et ma curiosité pour l’humain étaient incompris. Alors que j’aime observer les gens, vieillards ou enfants, femmes ou hommes, pour les scanner, admirer l’humanité, voir leur couleurs, ressentir leur unicité, mon regard devenant suspect, j’essayais de réduire ma vision sur seulement des femmes et enfants. Alors que j’aime croiser le regard pour voir les yeux et capter l’essence et l’âme des gens, je me suis entraînée à essayer de regarder au sol, pour ne pas croiser les regards et éviter des questions et des reproches de tentatives de séduction ou d’attraction. J’essayais de contrôler, maitriser toutes mes interactions pour éviter tout malentendu. Souvent une part de moi se désespérait de l’état des choses, et se moquait en me disant qu’il ne me manquait que le voile pour cacher mon visage…

De plus, quand je confiais des craintes, des interrogations, la conversation se retournait contre moi. Toute inquiétude était retournée, c’est que si j’ai peur de tel comportement, c’est que je suis capable de faire cela. Par exemple, une discussion sur la fougue dans l’intimité, et mes limites, finissaient sur imaginer des pensées que je pourrais avoir alors que ce n’était ni juste ni vrai. Mais je finissais encore en situation d’être mal intentionnée, pervertie. Si je m’inquiétais d’un fuur désintérêt, c’était que moi j’étais capable de le faire.

Son regard était réducteur, jugeant sur des amies, ma famille. Tout était analysé, et jugé. Et je me rends compte qu’un partenaire agissant ainsi  coupe petit à petit les relations sociales, à force de son regard et ses mots et attitudes critiques sur l’entourage. Et petit à petit la femme est de plus en plus isolée, et donc vulnérable. Et s’enferme dans sa culpabilité et sa condamnation. Et accepte de plus en plus de choses. J’ai profondément ressenti ce que certaines femmes maltraitées, battues peuvent vivre et accepter, comment l’étau se referme, comme l’esprit et les émotions se brouillent et entraînent cette perdition. A finir par se faire piégée, emprisonnée.

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Petit à petit cette sensation d’être prisonnière, en train de devenir l’ombre de moi-même, alors que j’aime tellement parler, échanger, partager.. alors que même mon activité est liée à l’ouverture, à la communication avec les humains au-delà des genres, et ce déploiement risquait d’être bridé. Je n’osais plus répandre, diffuser ma joie, mon amour pour l’humain car tout était perverti. Alors que je me sens parfois « sans genre », que mon amour est inconditionnel, pure, universel, et que j’aime le diffuser largement, partager, échanger des mots d’encouragements, de réconfort, des sourires, des câlins d’enfant intérieur à enfant intérieur. L’humanité a tant besoin d’amour… Sans y mêler d’ambiguités. Pendant plusieurs mois j’ai eu le sentiment d’être salie dans mon regard sur moi et mes actes. D’être sale. Que mon entourage était malsain. Y compris des thérapeutes, des amis de longue date, tout tout était perverti. Comment justifier, essayer de montrer la pureté, la beauté de la connexion authentique entre personnes ? Cela semblait incompréhensible. J’étais démunie, impuissante à essayer d’expliquer comment on peut partager de cœur à cœur entre personne, se soutenir, échanger, sans ramener tout à de la séduction, de la sexualisation. Alors lasse, fatiguée des combats, je réduisais, je limitais mes échanges, je me filtrais. Petit à petit, me laissant convaincre que peut être que oui, il ne faudrait pas partager, communiquer autant. Que oui, le monde n’est pas aussi beau que je le concevais.

Et des mots durs, insultants, dégradants sur moi ou mon histoire. Une violence verbale comme je n’en avais pas connue depuis mon collège de banlieue… J’étais choquée, sidérée, sans mots devant cette attitude, ne comprenant pas comment une personne qui aime peut dire de telles choses, qui ne me caractérisent tellement pas. J’étais sans voix car je n’autorise personne dans mon entourage à me parler ainsi, et lui aussi intime était d’une agressivité et insultant. Et j’avais peur de lui physiquement.  Et une fois la situation plus calme, l’esprit calmé et donc plus sous l’emprise de ses émotions, pas d’excuse, car « c’est se rabaisser ».  Et toujours, toujours, revenir à me faire culpabiliser et me rendre coupable des problèmes. Ça tournait en boucle, pendant des semaines. Et finir en me traitant d’ « instable, pas fiable, manipulatrice sur patte, menteuse, un peu folle.. »

Et me savoir malheureuse, en profond mal être, et me laisser dedans. Car ce serait trop « facile », il faut payer lourdement son erreur. « On ne console pas un enfant qui a fait une bêtise, on le laisse pleurer dans son coin, sinon c’est trop facile ». Ah , et si l’enfant est en souffrance, en détresse, on le laisse aussi ?

Il n’y a jamais eu d’empathie, de compréhension de mon état, mon passé, ma fragilité. Ni de réconfort. Le déséquilibre était important au quotidien. Et je m’engageais toujours de plus en plus intensément, aveuglée dans le mirage et les passions communes, espérant lui prouver qu’il pouvait me faire confiance, et me coupant de plus en plus de tout. Et ma joie de vivre et mes sentiments me donnaient envie de lui faire des cadeaux, de le choyer, prendre soin de lui, m’adapter, de lui partager les jolies choses de ma journée. Et j’accueillais ses états d’esprits critiques, ses longs moments où seul son mental s’exprimait. J’accueillais différentes attitudes et situations qui me créaient un profond mal être liées à son fonctionnement. J’acceptais, pardonnais, faisais des concessions, essayais d’avancer. Tout mon quotidien, toutes mes pensées, toutes mes attentions étaient tournées vers lui. Le reste était flou. Je me sentais comme sur un bout de banquise seule détachée de sa terre. Désancrée, vulnérable, à la merci de son humeur et son état d’esprit du jour. Tout dépendait de lui (que c’est dur d’écrire cela, d’assumer que ce fut à ce point), et toute la journée je me demandais comment il valait mieux agir ou ne pas agir pour le rassurer. Je n’étais plus moi-même. J’étais mon ombre à son service.

Mais le pire, c’est qu’avec le cerveau et les émotions retournés depuis des semaines et quelques mois, ses mots, son regard ont une influence. Plusieurs fois j’ai vraiment ressenti que tout était de ma faute. Que je méritais tout cela, que je n’étais pas fiable, ni de confiance. Que je devais me racheter, et accepter, pour réparer, des choses qui n’ont pas à l’être en fait.

Et cette sensation quand je suis descendue très très bas suite à des disputes, de perdre le goût de la vie et être proche du malaise, bloquée dans ma souffrance pendant des heures, malade et dévitalisée des jours. Plusieurs fois j’ai ressenti l’élan pour cesser de vivre. Trop de souffrance avec cette violence verbale et psychologique, alors que je suis hyper sensible. Moi qui ait un si fort élan de vie, une force et un appétit à savourer l’existence, tant besoin de relations saines, bienveillantes, authentiques. La douleur me rendait malade. Et j’ai constaté que loin de s’inquiéter pour moi, il considérait cela normal comme punition et prenait de l’énergie et se redressait sur son royaume. Plus je m’affaiblissais et m’éteignais, et plus il prenait de force et d’assurance. Et de froideur. Et moi je cherchais le dialogue, le soutien, l’affection, et je me sentais coupable, condamnée en permanence…Petit à petit, la fleur sauvage, l’oiseau libre, se mourrait dans sa cage, et risquait de se transformer en être empaillé pour trôner sur sa table de chevet… Quelle vision horrible du couple, de l’autre.. Attiré par ma lumière, il l’a craint et en même temps la dévorait goulument en me détruisant. Mais l’élan en moi de survie sortait, tapait, pour me rappeler mes valeurs de respect de l’autre, de soutien indéfectible y compris dans les moments difficiles, de préservation de l’autre. Une personne qu’on aime, on la chérit, on la préserve et protège même si on est en colère contre elle. Jamais jamais je n’ai traité un être de cette manière. Jamais un de mes amis, proches n’a traité quelqu’un comme cela, et pourtant parfois nous avons traversé des moments difficiles. Et pendant une dispute forte, j’ai vu en son regard une haine, une force folle et destructrice, noire puissance qui révélait toute la noirceur en et autour de lui. J’ai profondément senti le danger, et l’urgence à me sortir de cette relation.

C’est devenu évident en moi qu’il fallait me sauver. Me sauver, fuir pour me sauver, me protéger. Et ma fille. Je ne pouvais pas me laisser sombrer, et lui enlever sa mère. Sauver ma vie psychologiquement et physiquement. Et que j’étais impuissante face à ses zones d’ombre, ses tourments, les énergies très noires qui cohabitent en lui et se dévoilent dans les moments les plus durs… Son âme blessée a créé en profondeur des comportements et visions perverties, obscurcies. Un tempérament destructeur pour manipuler et prendre l’autre sous son emprise. Une attitude vampirique d’absorption de l’énergie sans aucune empathie ou compassion… J’ai vu la beauté de son âme, ses richesses, son potentiel.. Comme j’ai vu ses zones d’ombre, les aspects intensément destructeurs. Je pardonne cet être, je lui souhaite la paix et d’ouvrir les yeux, d’avoir un jour la force et le courage de se remettre en question et d’avancer pour se guérir… Mais je ne veux plus avoir affaire à ces comportements qui sont inacceptables.

Plusieurs thérapeutes de mon entourage ont évoqué les mots de « manipulateur », « pervers narcissique ». D’âme malade avec une énergie magnétique très puissante, qui par de profondes blessures a un besoin de possession immense. D’avaler les gens. De les avoir sous emprise. De détruire ceux qu’on aime pour les garder sous emprise, en utilisant des mécanismes de pervers-manipulateur..  Mes ressentis étaient en phase avec ces constats, et ma part de moi ayant foi en la capacité à évoluer, se tourner vers le bien et le service aux autres, se débat parfois pour accepter de tels comportements destructeurs. A chercher des excuses, des raisons pour amoindrir l’obscurité…

 

L’envol

 

Au fur et à mesure des situations intenses qui me choquaient par leur démesure, leur injustice, une part de moi se réveillait intérieurement pour ma survie. Je ne me sentais pas capable de supporter à vie tout cela sans m’éteindre. C’était trop douloureux, trop injuste, et je me sentais impuissante à apaiser la situation. L’amour ne justifiait pas toute cette souffrance quotidienne et régulière. L’amour n’est pas sensé réduire l’être.

Et les mots, les images de certaines personnes ont parfois été des déclics soudains pour me faire monter un palier et me sortir de cette emprise. Comme ce jour, où la sœur d’une âmie m’a écoutée et encouragée à sortir mon vécu, s’est indignée sur l’inacceptabilité de ce que j’acceptais, et transmis un regain de force en prenant soin de moi et par ses mots puissants. Certains regards ont été comme des nettoyeurs de brouillard sur mes yeux. Car dans une telle situation, je me suis enfoncée dans un quotidien, la tête sous l’eau, dans les émotions et les manipulations. A me voir à travers ses yeux, qui ne me comprenaient pas ni ne m’acceptaient. A subir les craintes et la culpabilité. Le raisonnement n’est plus neutre, il est teinté d’émotions et de protection de l’autre, de rabaissement de soi. Des images, des messages de soutien réguliers de mon entourage m’ont également rappelé qui j’étais en tant que personne, pour sortir des jugements sur moi. Ils aidaient à sortir la tête de l’eau, à entretenir ma flamme intérieure. Je dis tout cela, car les interventions de mon entourage, même si elles n’ont pas tout de suite eu l’effet qu’ils espéraient, n’ont jamais jamais été vains. Elles ont toujours été comme des graines, qui ont fourni des racines me soutenant dans ma reconstruction.

Alors je suis partie. En essayant de communiquer avec lui, lui expliquer et en le bienveillant. Mais malgré tout dans le conflit, et la douleur.

Je reprends ces mots, qui sont à vifs, partagés peu de temps près mon envol, encore plein d’émotions.

« L’envers-fer du décor… »

L’amour, les espérances, rendent aveugle…dit-on.
La bonté, l’optimisme, la foi en ce qu’il y a de bon en l’humanité, donnent des chances aux êtres… Chance de faire mieux, de dépasser l’étiquette conventionnelle, de montrer leur meilleure facette… Obstination aussi de ma part d’expérimenter à fond et ne pas m’arrêter sur des déductions, ressentis préalables ou conseils…

Mon ouverture vers les autres, mon rayonnement, mon univers ont d’abord été appréciés par cette personne mais finalement, ce qui n’est pas entièrement compris, prévisible ni maîtrisé, fait exploser les peurs et les suspicions…et la fleur sauvage qui fait envie de loin, une fois cueillie et gardée jalousement se fane…
Puis quelque fois il semblerait que trop de lumière semble embraser, rendre fou, faire jaillir et exploser l’ombre chez celui qui n’est pas prêt ou volontaire pour travailler sur lui et ses zones d’ombre… Exacerbant alors des comportements néfastes, réduisants, emprisonnants, violents..

Et le miracle devint un mirage toxique…

Un piège insidieux qui détruit à petit feu chaque jour un peu plus… Bridant la lumière, le rayonnement, l’amour et l’ouverture aux autres… Instaurant un climat quotidien d’appréhension, de stress, de tensions, de peurs et justifications permanentes. La joie, la spontanéité, la fluidité et le partage laissent la place aux doutes, aux anticipations protectrices, aux remises en causes… C’est ainsi que l’oiseau sauvage aimant la liberté et la découverte, la rencontre de l’humain, les merveilles de la vie, accepta par « amour » et « bonté » (« l’autre sera plus confiant et serein après « ) de rentrer de plus en plus souvent dans une cage… Sous l’oeil de proches qui commençaient à alerter.. Mais cet élan de vie qui me pousse à expérimenter jusqu’à me brûler les ailes, négligeant mes propres ressentis et alertes.. J’ai expérimenté cette emprise de façon courte mais intense.. Jusqu’à des zones de non retours.. Jusqu’à ressentir non plus seulement une violence psychologique, mais aussi dans une forme verbale, physique. Voir des traces de folie, d’emprise des zones d’ombre dans le regard… Voir l’autre ne plus être soi et subir des comportements destructeurs et inquiétants.. Et l’absence de respect… Et la destruction intérieure au point de ne plus avoir le goût de vivre..
Zone de non retour franchie. Fin de l’expérience.
L’oiseau s’envole et prend le large pour son salut et sa liberté. Triste, éprouvée, blessée, pleine d’images la hantant mais libre. L’amour ni le bonheur ne se font pas au prix de la liberté et de l’intégrité…ils ne doivent pas brider, réduire, posséder..
Et pourtant, je suis une amoureuse passionnée ! Mais consciente de la valeur de la vie, du respect et de l’intégrité. L’amour doit rendre beau et est voué à s’expanser !
Alors l’oiseau vole vivre ses rêves à sa manière, entière. Seule, mais avec un entourage hyper bienveillant, conscient et lumineux, magnifique, et une petite fée sublime qui aime la vie. Mes rêves je vais les vivre seule et avec ces êtres de confiance toujours là, même dans la tourmente, que j’aime infiniment.
Et l’oiseau ne remettra plus une patte ni une aile dans une cage.. Expérience en cours de maturation pour en tirer les enseignements et grandir, pour ne plus la reproduire…
Mes rêves sont grands, et je vis chaque instant dans ce cheminement en grandissant des épreuves.
Alors moi qui aime la vie en communauté, ne pas être seule, je suis partie juste avec moi même en roadtrip pour me retrouver « moi m’aime « , me reconstruire et me dépasser pour oser affronter mes peurs de ne pas réussir à tout gérer sans l’élan amoureux. Vivre en solo mon quotidien, ma fille, ma création d’activité, mes projets et mes rêves… Une grande épreuve en cours… Mais comme on me le rappelle souvent sur différents plans « tu n’es pas seule ». Et toutes les présences lumineuses, physiques ou subtiles,  sont des forces ! Comme de voir le chemin parcouru.. Comme de cultiver chaque jour des moments riches et conscients..et la musique,, la nature, l’amitié, la connexion subtile apaisent… Et de trouver l’amour en soi.. Cette paix et plénitude dans le coeur… Un engagement quotidien pour grandir et se dépasser…

… Travail en cours…! »

Un partage public sur mes réseaux sociaux qui m’a valu de merveilleux témoignages de réconfort, de soutien. Mon entourage, direct ou plus éloigné, de très belles personnes dans leur cœur, que je respecte et admire, qui m’ont diffusé beaucoup beaucoup d’amour, et m’ont rappelé qui je suis à leur yeux. J’avais osé partager mon mal être, mes difficultés, sans savoir pourquoi j’étais poussée à le faire, mais les cadeaux d’amour en retour étaient immenses. Au-delà de tout ce que je pouvais imaginer. Et profondément guérisseur… Ces mots, ces énergies, ces présences ont été comme un baume puissant au cœur, l’enveloppant de douceur, d’énergies pures d’amour.

Puis avec le temps vient la hauteur, les remises en question pour ne plus jamais revivre cela et faire évoluer en moi ce qui a pu attirer une telle situation.

J’ai eu besoin de beaucoup en parler, à ma famille et amies. Je me nourris beaucoup des échanges, pour avoir des effets miroirs, des ressentis différents, et toujours enrichir mes propres réflexions et guidances. Ce que je suis aujourd’hui est aussi le fruit de toute cette interactivité riche qui accompagne mon évolution à tous les niveaux.  J’avais besoin de comprendre comment j’avais pu accepter tout cela. Qui il était, pourquoi il a eu tels comportements. Pourquoi j’ai eu besoin de vivre cela. Comment j’aurais pu faire autrement. Et quelles ont été les secousses autour de moi. Comment me détacher, et me reconstruire.

 

La reconstruction et le Pardon

 

Mon cheminement depuis a été dédié à ma reconstruction. Me réancrer. Me faire confiance. Retrouver une vision claire de moi-même. Me sentir en sécurité. Eliminer les pensées, souvenirs hantants. Faire la paix avec cette histoire. Guérir mon cœur et mon être. Remplir le vide et la solitude par une paix intérieure, une réconciliation avec « moi m’aime ». Apprendre à m’émerveiller des jolies choses dans mon quotidien. Reprendre goût à vivre et avancer seule, et nourrir la confiance dans mes rêves.

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Ne plus me renier. Savoir qui je suis, et ce que je veux. M’ancrer, me poser, me construire seule, pour pouvoir ensuite avancer équilibrée au côté de quelqu’un. Sans dépendance. Sans besoin. Juste par envie.

Redéfinir ma définition de la relation harmonieuse : l’amour rend beau. L’amour crée de l’expansion. La relation doit être dans la prise en compte de l’autre, son écoute, son soin. Et rayonner de l’amour encore plus. Créer. Diffuser. Construire.

Mais aussi redescendre le compagnon, l’homme, de son piédestal. Moi seule ait la responsabilité et le pouvoir de me rendre heureuse. Un slogan que me rappelle fréquemment une âmie… « je suis mon propre port d’attache ». Clarifier mes intentions pour une relation. Ne plus accepter d’avoir à me justifier. On me fera confiance ou non, au ressenti, en observant mes actes, en nourrissant la présence, l’attention et la bienveillance avec moi. Et surtout le respect.

Ne pas attendre que l’autre change, se rattacher à l’espoir seul, aux illusions, aux mirages.  M’écouter enfin profondément, et suivre mes ressentis et alertes intérieures ou extérieures. Améliorer mon discernement. Garder mes distances, ne pas reprendre contact par « bonté » en espérant que la personne va voir la vérité, ma vérité.

J’ai aussi dû effectuer tout un profond travail de nettoyage intérieur (écrire mes émotions et brûler, faire les bonhommes allumettes,…) qu’extérieur (jeter, brûler certaines affaires. Douche et fumigation du corps, de mes habitats). De guérison de mon coeur, par l’écoute prolongée de musiques sacrées durant des heures, toute la nuit.. En chantant et jouant de la musique. En écrivant. En parlant. En me nourrissant de l’amour autour de moi. En faisant de belles rencontres avec des personnes saines, respectueuses et bienveillantes.

Il fut aussi nécessaire de prendre le temps de demander profondément pardon à mon entourage et à moi même.. d’avoir été aussi dépendante d’une personne. de m’être éloignée de moi-même et mon entourage, et ne pas avoir été assez présente pour ma fille, ma famille, ma chienne, mes amies. D’avoir laissé autant de place dans ma vie pour une personne, qui plus est destructrice, et négliger mon entourage familiale et amical bienveillant, lumineux. Ce plus grand trésor de ma vie. Ce cadeau quotidien. Je l’ai négligé, toute consacrée à ce mirage qu’un « ailleurs mieux » est possible. Que je n’ai pas vu, ne me suis pas suffit de toute la beauté et l’amour que j’avais déjà autour de moi par ma famille et mes amies. Que j’ai voulu imposer à ma fille ce choix qu’elle n’a pas aimé. Qu’engluée dans mes souffrances, j’étais là physiquement mais pas en pensée, absente, loin, dans mes douleurs, dans mes messages et appels de justification m’accaparant beaucoup en journée. Que j’ai ainsi loupé par mon absence psychique son anniversaire, et de nombreux moments. Que je me suis mise en danger, et que ça a eu des impacts pour mon entourage qui en a aussi souffert.

 

Il a fallu aussi prendre ce temps de parler avec ma famille et amis, que chacun puisse s’exprimer sur son vécu, les écouter et accueillir. Assumer ce qui fait mal à entendre mais qui est juste, et demander pardon…  Et je les remercie, je leur rappelle encore ici mon amour infini pour eux, pour leur présence indéfectible, leur compréhension, leur soutien, leur bienveillance, et leur pardon. J’en suis tellement émue et reconnaissante.. Il a fallu aussi réparer, reconstruire avec certaines personnes blessées ou perturbées.

Et j’essaie de me pardonner pour tout cela, pour mes incapacités, mes faiblesses, mes erreurs, mes absences, mon ingratitude.  Et c’est encore en cours… Je suis malgré tout encore touchée par cette expérience.

Et je demande pardon à cette personne, de ne pas avoir eu la force de dire certaines choses directement et pour toutes ses blessures réactivées. De ne pas être partie plus tôt sans doute, en affrontant la peur vicérale de le perdre (peur qui n’évite pas le résultat) même si je reconnais que toute cette histoire a été une expérience faisant grandir.  J’ai fait le travail en moi pour pardonner son essence, et lui souhaiter sincèrement la paix, en restant à distance de ma vie.

Maintenant une nouvelle page s’écrit. Je construis ce nouveau chapitre de ma vie, dont le premier mot serait : …Liberté…

…Liberté d’être entièrement et pleinement moi…

 

mellryn

Difficile de conclure cet article. Peut être simplement car le processus est encore en cours. Malgré les mois qui se sont écoulés, il reste malgré tout encore des traces, des souvenirs, des images qui hantent, des questionnements.

Cela prend du temps. Et les mots, la conscience, ces étapes guérissent. Et beaucoup beaucoup d’amour.

Et je crois qu’aujourd’hui la part de moi qui a grandit se pose la question, au delà du comportement et des faits, de notre attitude face à une situation blessante.

Car nous avons chacun nos blessures, nos émotions, et réagissons différemment à des faits, plus ou moins légèrement, plus ou moins émotionnellement. Certains trouveront grave une situation que d’autres prendront avec plus de détachement, selon notre vécu. Chacun réagirait différemment à chaque moment de cette histoire que j’ai partagée. C’est notre subjectivité, notre histoire, nos choix…

Mais aujourd’hui, avec un peu plus de recul et observatrice d’autres situations où les blessures et les émotions sont très fortes, j’élargis mon questionnement, me pose la question du choix et de notre responsabilité sur notre attitude pour la suite. Face à une situation blessante, pouvant sembler injuste, irrespectueuse, comment choisissons-nous d’agir ? en renvoyant et perpétrant de l’injustice, de la violence, du rejet, du jugement ?

Ou choisissons nous de casser le cercle, de faire ce lourd travail intérieur dans nos émotions, et choisir une voix-e de paix et de créer de nouvelles façons d’agir et de réagir. D’accompagner l’autre dans l’expression de sa meilleure version ? L’encourager à déployer une meilleure attitude ?

Face à une injustice ou une blessure, on peut dire nos émotions, on peut être ferme et refuser ce qui nous semble inacceptable. Mais voulons nous choisir de continuer à blesser, détruire, diffuser du rejet, des émotions lourdes par notre attitude ?

Je ressens profondément qu’au-delà de situations personnelles, et sentimentales, c’est aussi un choix de vie, une question de réaction et attitude générale. Un positionnement, une responsabilité et un profond travail intérieur pour une paix intérieure et extérieure. A travers ses émotions et ses zones d’ombre…Et dans ses paroles, pensées, et actes… Et qui s’exerce dans les grands actes, politiques, consommateurs, militants, comme dans le quotidien et les expériences de vie plus personnelles.

… Pour la liberté… Pour la Paix… En soi et autour de soi…

 

Mellryn

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