De l’avortement à la fausse couche connectée à l’enfant

L’histoire d’un au-revoir… et d’un texte difficile à écrire, et publier… Mais l’élan de partager du vécu avec sincérité…

2017 fut une année de grandes décisions. Certaines perturbantes, d’autres parmi les plus difficiles de ma vie. D’abord quitter mon travail pour me lancer en tant que thérapeute, le saut dans le vide. Changer de maison pour me sentir dans un environnement plus en phase avec mes aspirations. Arrêter l’allaitement, suite aux discussions avec le papa, puis progressivement le co-dodo, des étapes bourrées de peurs et de nostalgie pour mon cœur de maman. Et mettre fin à une longue relation  en décidant de quitter le père de ma fille, pour me retrouver, créer réellement la vie dont je rêve et qui me convienne sans me brider, me frustrer, me résigner de compromis… Soit beaucoup de turbulences et changements en quelques mois. Des changements provoqués par des choix, des décisions, certaines les plus égoïstes de ma vie. Oui égoïste. Une amie me parle depuis longtemps de la valeur noble de l’égoïsme, c’est-à-dire, prendre soin de soi même. Veiller à son propre bonheur… se faire parfois passer en premier, au lieu de toujours prioriser les autres et s’oublier…

J’ai toujours fait passer les autres en priorité, couple, amis, famille, travail, bénévolat,.. puis enfant une fois devenue maman. Et mon corps, la Vie m’ont mis face à mes incohérences, mes mal-être, ma négligence de moi-même. Et des décisions ont été prises, sur l’impulsion intérieure de mon élan indéfectible de survie et de respect de mon être.

Mais voilà qu’au milieu de tout ce chaos, une graine avait commencé à germer. Le désir quelques mois auparavant d’accueillir un deuxième enfant, une âme qui me tournait autour depuis la naissance notre première enfant. Je l’aimais déjà, il était là, prêt à venir. Nous communiquions de temps en temps. Je souriais en sentant son énergie, ses couleurs. Mais déjà dépassée par ma première maternité, je l’avais prévenu de mon besoin de temps. Puis la raison m’a convaincue (avoir des enfants rapprochés, enchaîner les naissances..) ainsi que la beauté de cette âme, et je me suis préparée à finalement passer le cap et accueillir cet enfant en conscience avec mon compagnon. Et c’est ainsi, qu’au milieu de la tempête, une grossesse a commencé tardivement. Dans ce chaos… et moi complètement prise dans mon volcan intérieur qui a explosé entre temps. Implosion de refoulement, de compromis, de négligence, de reniement, de réduction et limitation, bridage… Explosion de désirs de liberté, de mouvement, de découverte, et surtout de besoin de « moi m’aime ».

Volcan_Mellryn

Impossibilité totale de me retrouver dans une nouvelle grossesse dans ces conditions, perdue et instable, pleine de colère, tristesse, rage, émotions fortes. J’étais épuisée, en recherche de me retrouver, me restabiliser car en moi je partais dans tous les sens. Je sentais que m’engager dans une nouvelle maternité et tout l’engagement que cela nécessite, comme je ne veux pas faire les choses à moitié, allait me rendre folle. C’était trop, plus que je ne pouvais porter avec mes forces, et mon état en pièces, morcellée, désancrée. A force de m’être toujours consacrée aux autres, à l’extérieur de moi, je ne me retrouvais plus, et risquais de perdre pied. De me perdre totalement, devenir l’ombre de moi-même et me dévitaliser..  Et impossibilité pour moi d’accueillir un enfant dans une séparation, de ne pas partager cela dans le cadre d’un foyer aimant… je n’en avais ni la force, ni la volonté. Et pourtant, ce désir d’accueillir cette belle âme en conscience.. Quel dilemme, quelle douleur !  J’avais la sensation d’avoir préparé des mois l’arrivée d’un ami venant de trèèès loin, et une fois celui-ci dans l’avion, je « l’appelle » pour lui prévenir de l’annulation de notre accueil, qu’il fasse demi-tour… Alors j’ai beaucoup communiqué, avec mes guides, avec cette âme, et avec moi-même, et mes proches, et le papa qui a compris et accepté ma décision. Mes limites étaient claires, criantes de vérité et d’émotions… Et cette âme sur le chemin de l’incarnation a compris la situation, mon impossibilité à l’accueillir, qui n’était pas un rejet de lui mais du moment… Ce n’était finalement pas le bon moment… pas là, pas comme cela…

Je me suis retrouvée face à beaucoup d’amour, de bienveillance, de compréhension, de patience. Il a compris. Il a accueilli ma décision de ne pas maintenir son incarnation à ce moment. Il se doutait de l’issue, lorsqu’il a assisté aux tensions fortes (comme il était souvent présent autour de moi). A un moment je l’avais même senti s’éloigner de moi en se disant « oh ça sent mauvais pour moi ». Il s’était préparé à cela, en prenant de la distance.  En connexion avec cette âme, soutenue par des proches, j’ai alors commencé les démarches pour l’avortement… je n’étais pas fière, moi la thérapeute en herbe accompagnant la maternité et les mamans et âmes s’incarnant, j’allais en interrompre une, d’incarnation…

Echanges avec le médecin, la sage femme, analyses de sang, échographie… le corps qui commence à exprimer la grossesse…ce qui rappelle ces moments si heureux quelques années auparavant. et ces désirs sincères… L’écho qui montre une grossesse trop récente pour l’IVG, avec le risque de grossesse extra utérine. Etrangement datée, avec un décalage important de la conception par rapport à la réalité. Il faut attendre encore une semaine au moins… alors que chaque minute mon corps me rappelle cette grossesse… Terrible épreuve, même si être en accord avec l’âme de l’enfant, que je ne sens plus autour de moi, m’apporte un peu de réconfort. Et ce qui me porte, c’est cet élan qu’en moi « c’est juste »… Car je me respecte, je respecte mes intentions d’accueil d’une âme, je respecte mes limites, tout en respectant le sacré de la Vie…  Quand j’ai appris qu’il fallait encore attendre, ce fut très dur. Mais deux jours plus tard, mon corps réalisa ce que la médecine et la chimie ne feraient pas, en mettant naturellement un terme à cette grossesse. Une fausse couche naturelle interrompit le processus d’incarnation de cette âme, en lien avec elle et mes guides. Ce fut un soulagement même si un moment douloureux et très pénible. Mais aussi un passage troublant, et émerveillant d’harmonie et de travail d’équipe entre mon corps, mon âme et l’âme de cet enfant. Je pris le temps de communier avec l’âme, nettoyer mon corps, me libérer des traces énergétiques de cette grossesse. Je compris que la datation étrange de la conception était déjà le signe d’un retardement et d’un arrêt progressif de la grossesse quand l’âme s’est éloignée, ressentant l’issue, et entamant de lui même l’arrêt du processus. Puis prendre le temps de faire le deuil de cet accueil. Et de faire le lien avec le sens de cette expérience, reliée à des mémoires d’une ancienne vie en Egypte…

ciel3

Un voyage plus récent en Egypte sur les traces de l’Histoire me permis de finaliser la compréhension de cette expérience. Le scénario qui se rejouait. Et de tourner la page symboliquement, libérant chacun.

Ce n’est pas chose aisée de raconter cette histoire… le jugement est rapide voire dur sur ce type de vécu, de décision.. Je comprends qu’elle ne sera pas comprise ni acceptée de tous. Chacun a son histoire et sa vision de la vie. Je tiens à partager surtout la communication particulière entre cette âme s’incarnant et moi même, et mon corps. Cette communion, y compris dans un moment pouvant être vu « dramatique », a été essentielle pour avancer ensemble, en conscience, en lien, et pour prendre la décision en connexion, dans l’écoute. Pour vivre autrement le processus d’incarnation. Prendre de la hauteur…et peut être atténuer justement la notion de « drame » . Cette âme n’a pas eu le sentiment d’être rejetée ni abandonnée, elle a anticipé et ensuite compris et accepté le changement de scénario. Le processus d’interruption de sa venue a été fait dans le dialogue, le respect et avec beaucoup d’amour… C’est aussi par amour pour lui que je n’ai pas voulu l’accueillir dans ce chaos…. Et c’est aussi par amour pour moi, ma vie, mon intégrité, que je n’ai pas voulu confirmer cette deuxième grossesse, sans le rejeter mais dans le dialogue. Même si la culpabilité, la tristesse ont été très présentes, et pèsent encore parfois, un apaisement s’est construit et nourri grâce à cette communication et entente… ce travail d’équipe au-delà des dimensions entre nos âmes et nos corps… j’en suis même émerveillée, de la justesse de ce qui naturellement s’est déroulé quand cela s’est avéré juste et accepté des êtres concernés…

Alors mon chemin me fait avancer seule avec ma fille, la porte reste ouverte de ce qui sera juste pour un accueil lorsque les conditions seront harmonieuses… Qui sait comment l’avenir sera créé… Et je garde toujours une oreille et attention pour cette âme, dont un lien spécial nous unit. Nous restons connectés, de nos univers différents…

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Une réflexion sur “De l’avortement à la fausse couche connectée à l’enfant

  1. Estelle et les crapettes dit :

    Nous avons le libre-arbitre… et c’est déjà énorme que tu puisses communiquer ainsi avec autant de clarté avec cette âme, car pour la plupart des gens rien n’est fait, et le restant a besoin d’un tiers pour l’aider (c’est mon cas). Si cette âme doit faire partie de ton incarnation, ça n’est que partie remise tu le sais 🙂 Très beau récit 🙂

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