Allaitement, maternage et reprise du travail…

Après un congé parental pour profiter au maximum de notre enfant jusqu’à ses six mois, j’ai repris le chemin du travail en janvier. Un nouveau rythme était à trouver, entre la découverte d’un nouvel univers chez la nounou en journée, la poursuite de l’allaitement, et des semaines bien chargées à jongler entre travail, enfant, activités et engagements associatifs, création de projets personnels…Mon intention était , et est toujours, de conserver en priorité du temps de qualité pour Petit Soleil lorsque nous étions ensemble.

Ainsi, j’ai repris à 80% pour consacrer le mercredi à Petit Soleil, mes autres activités personnelles et découper la semaine en deux pour éviter toute routine d’une longue semaine. Lorsque nous sommes ensemble, j’essaie d’être pleinement présente et attentive régulièrement, et pour un moment suffisant, tout en tentant de vaquer à mes autres activités en parallèle. C’est important, parfois juste 10 minutes entièrement présente pour elle, et elle poursuit ensuite seule son occupation, disons 20 minutes… Je veille à l’écouter, la regarder dans les yeux, ressentir ses besoins et émotions, et répondre à ses besoins de proximité, contacts, câlins. On appelle cela entre autres « remplir le réservoir d’amour » de l’enfant, pour qu’il soit serein. Le matin, je tiens à ne pas l’emporter précipitamment chez sa nounou, dans la course. Je ressens que c’est quelque chose d’important pour elle. Nous nous gardons un moment ensemble pour se réveiller en sourires, faire la tétée, puis jouer un peu, et s’habiller. Histoire d’avoir un peu partagé le matin tout de même, et de respecter son rythme sans précipitation ou routine. Puis en fin de journée, la priorité est de lui consacrer un câlin-tétée dès nos retrouvailles, avant de pouvoir faire autre chose (activité, promenade, course, permanence d’une amap…). Je sens que souvent, surtout au début, elle tenait à avoir un moment en portage, pour un contact prolongé tout en suivant mes mouvements. La fin de journée est alors dédiée à jouer, se promener, quelques réalisations puis le rituel du soir (repas-(bain)-histoire-tétée-bercements-dodo vers 19h30-20h). Ensuite nous nous retrouvons avec mon compagnon pour une soirée ensemble, avoir du « temps pour soi » et poursuivre nos activités.

Question allaitement, ma grande crainte était de ne pas tirer suffisamment de lait pour répondre aux besoins de Petit Soleil. J’avais fait quelques réserves au congélateur, mais insuffisamment pour tenir longtemps. Je n’avais aucune idée de sa consommation, les rares fois où j’étais absente, elle faisait la grève du lait. Je comptais sur la diversification, en ayant introduit tranquillement les compotes bio à partir de ses 5 mois. Je ressentais alors son envie forte de découvrir les fruits, et ressentais que c’était ok. J’avais investi dans un biberon Soft Cup pour éviter la confusion sein-tétine, que la nounou a accepté sans soucis, et j’avais récupéré des tétines « Calma » de Medela avec le tire-lait. Niveau tire-lait, j’en ai d’abord loué un électrique depuis le retour de la maternité (Symphony, Medela) suite aux complications pour démarrer l’allaitement, puis en ai acheté deux manuels (Harmony, Medela). Mon intention était d’optimiser au maximum le réflexe d’éjection qui a lieu en même temps dans les deux seins, pour recueillir le lait sortant à haut débit. Ainsi en moins de 10 min, je tirais 100 à 140 ml par sein. Sans le réflexe d’éjection, le résultat était bien moindre : à peine 50 ml par sein en 20-30 min. J’avais peur le premier jour de ne pas avoir ce réflexe ! Au travail, je pouvais accéder à un petit bureau non occupé pour m’isoler. Mais la première fois, malgré les photos, le calme, je n’arrivais pas à exprimer du lait. Puis c’est un coup de téléphone de mon compagnon qui a été un déclic, pourquoi ? L’ocytocine en entendant sa voix ?:-) et le réflexe d’éjection a été déclenché, ce qui a permis de tirer quasiment 250 ml. De plus, Petit Soleil n’était pas une grande buveuse en journée, et ne l’est toujours pas. Elle boit 80 ml le midi max, 60-70 ml au goûter, et parfois un peu le matin si elle a tété trop tôt (40 ml). Le midi elle mange un peu de légumes, et une compote, ainsi qu’au goûter. Pendant trois mois j’ai réussi à tirer mon lait tous les midis (en prenant soin de me poser au calme, de respirer profondément plusieurs fois, de répéter comme un mantra « mon lait coule en abondance pour Petit Soleil »), en rinçant mon matériel sur place et le lavant au savon le soir à la maison. Je conservais le lait dans des petits pots en verre (des compotes et purées bio) en préparant des pots à 80 ml, 60 ml, 40 ml et en collant une étiquette avec la date/volume, puis les plaçais dans un frigo. Le soir, je les transférais dans un sac isotherme avec des pains de glace, puis les donnais à la nounou pour le lendemain ou alors les plaçais au congel (le vendredi soir par exemple, et tous les surplus). Déjà heureuse d’avoir pu offrir 6 mois d’allaitement à notre fille, j’espérais atteindre le palier des 9 mois, puis des 1 an, et le sevrage naturel, en me disant que chaque journée serait une victoire. Quant au mercredi et aux weekends, ainsi que la nuit, c’était et c’est encore (elle a 10 mois) tétées à la demande.

J’étais fière de réussir cette organisation tous les jours, alors que je ne suis pas quelqu’un de très organisée ! C’était un grand apprentissage pour moi ! Et même en déplacement la journée pour des réunions, je demandais une salle pour m’isoler et tirer tout de même mon lait. C’était un peu déroutant de demander cela, mais au final c’était aussi une manière de parler de l’allaitement ! Et j’ai trouvé à chaque fois beaucoup de bienveillance , dans mon entourage, chez mes collègues, et c’était très appréciable!

navajo3

Puis à partir de 9 mois, cela a été plus compliqué. J’ai été malade, et ai commencé à ressentir beaucoup d’épuisement, de stress et de mal être lié à mon travail. A la maison lors de mon arrêt, puis au travail je n’arrivais plus à avoir le réflexe d’éjection. Cela fut très dur à vivre, j’avais peur que cela compromette tout l’allaitement. Et c’était un cercle vicieux pendant deux semaines. J’appréhendais et étais toute tendue, et malgré mes efforts sur la respiration, la visualisation, les phrases positives, ou les photos, je n’y arrivais pas et tirais à peine 60-80ml au total en 30 minutes. J’étais désemparée, et me renseignais auprès de ressources (groupes, site de la LLL, livres « plus de lait » …), ou d’autres mamans pour des solutions (tirer plus souvent, veiller à l’alimentation…) et des compléments. J’ai acheté du lait bio 2ème âge au chèvre au cas où, des yaourts au chèvre nature bio (ne voulant pas donner de lait de vache, auquel nous sommes toutes les deux sensibles et qui n’est pas conseillé), pour avoir l’esprit tranquille et lui donner éventuellement au goûter si le lait maternel ne suffisait qu’au midi. Je persévérais, mais en même temps mon corps était tellement épuisé, que je sentais aussi qu’il en avait marre de cette organisation, de passer du temps le midi à m’isoler dans un bureau tristounet et sombre et avoir une petite pause, alors qu’il avait plutôt envie de sortir respirer le plein air., aller faire du yoga, courir, ou passer du temps avec les gens. Je sentais que mon corps était lasse et ne voulais plus. Alors j’ai accepté, et me suis demandé comment poursuivre l’allaitement dans ces conditions. J’ai fait le calme en moi pour me centrer et me mettre à l’écoute de mon âme. Je me sentais en paix, et une idée est venue. Utiliser le réflexe d’éjection quand Petit Soleil tête. Car pendant ce temps, il n’y avait aucun problème pour elle lors des tétées, donc ce n’était pas un problème de quantité de lait, mais un blocage « mécanique ». Nous avons mis en place une nouvelle organisation, en tirant un sein pendant qu’elle tête l’autre lors de nos retrouvailles vers 18h. Cela me permet de tirer entre 120 et 170 ml, sans y consacrer trop de temps, et cela suffit pour un midi et un gouter du matin ou de l’après-midi. Avec les réserves au congel, nous avons de quoi tenir encore un moment. A ce jour, elle a presque 10 mois et demi, et nous maintenons ce système qui convient bien à ses besoins (toujours la même petite consommation en journée) et à ceux de mon corps. C’est notre équilibre actuel, qui pourra être réajusté à tout moment en fonction de l’évolution de nos besoins.

Cette écoute de chacune, elle et moi, me paraît être un ingrédient important de cette organisation. Tout comme le calme et le bien être, et tous les outils pour soutenir le moral, l’esprit et le corps.

Mise à jour à 11 mois 1/2 : finalement, après un bon mois de ce système transitoire de tirage du lait aux retrouvailles et avec un repos important (pour plusieurs raisons grâce à un arrêt de travail) et des mesures d’équilibrage dans ma vie (passage à un temps partiel à 60% pour deux mois, et mi-temps envisagé), mon corps a retrouvé une meilleure forme et détente. J’ai réessayé de tirer mon lait le midi au travail, pour voir et sans pression et ai retrouvé le rythme initial, à environ 240 ml les deux seins simultanément en peu de temps. Je suis détendue et heureuse à nouveau de le faire, pour offrir cet or blanc à ma fille pour sa santé, et son bien être. Comme quoi, l’acceptation avec confiance de la modification de rythme souhaitée par mon corps a finalement permis de retrouver un système efficace qui nous correspond!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s